MIP : un acronyme à déguster

Jusque-là, les acronymes avaient pour moi le goût du métal, le touché dur et froid de la technique, ou encore le caractère ténébreux de toutes ces institutions dont la France regorge.

Il suffit d’ouvrir le journal pour en avoir confirmation : en ce mercredi 7 août 2013, Var Matin en page 2, nous parle de la loi Guigou qui a instauré « le FNAEG pour recueillir les empreintes génétiques des personnes impliquées dans des crimes et délits à caractère sexuel », le Figaro nous informe que le FMI s’inquiète du trop d’impôt demandé aux français, du CAC qui continue à glisser, nous rassure sur la BPCE qui « affronte sereinement la conjoncture difficile » ou encore de Praxis, think-tank qui propose de remplacer toute la cohorte des PPE, RSA et RSI par un impôt négatif. C’est sans compter la réforme des retraites qui nous attend à la rentrée avec son cortège de syndicats : les CGT FO, CFTC, CFDT, CFE-CGC et autres MEDEF qui ne manqueront pas d’en débattre.

De quoi faire une indigestion d’acronymes.

Jusqu’à ce que sur le chemin des vacances, je découvre dans une charmante boutique d’Aix en Provence un très joli acronyme à déguster, frais et rosé, accompagné de quelques olives et tapenades.

Ce joli MIP, pour Made in Provence, que certains esprits chagrins voudraient réserver aux touristes anglais ou hollandais, m’a été recommandé par le sommelier de cette très bonne maison. Je l’ai choisi pour le nom, certes, mais en bouche, son goût tout en finesse a rapidement fait l’unanimité autour de moi.

Quant au nom, chantant et gouleyant, il n’est pas sans rappeler qu’il s’adresse à un public de qualité – les VIP ne sont qu’à qu’une lettre de lui – et si l’on en prend deux bouteilles, Mip-Mip, il sonne gaiement comme un clairon qui appellerait toute la tribu d’amis autour de l’apéritif.

Bref, mieux vaut refermer le journal pendant quelques jours. Et profiter du soleil, de la vue et d’un bon verre de rosé. Mip-Mip !

Timbuktoo fait une pause estivale jusqu’au 19 août.
D’ici-là, Mip-Mip!, très bel été à tous.

Delphine Parlier