L’IRB sur les plates-bandes de Rugby World

L’International Rugby Board annonce son prochain changement de nom afin de poursuivre le « développement et la visibilité de ce sport à l’international » (AFP 28/08/14). A compter du 17 novembre, l’acronyme actuel sera remplacé par World Rugby.

Un nom qui ne manque pas de nous surprendre.

Tout d’abord parce que le nom est déjà exploité par le magazine quasi-éponyme – les deux mots sont simplement inversés. Si le droit des marques stipule que des marques identiques peuvent coexister,  si les classes de dépôts (donc les activités) sont différentes, il n’en va pas de même pour les activités complémentaires : Michelin pourrait s’opposer avec raison à un éventuel lancement d’une voiture ou d’un service automobile Michelin, ou la banque Palatine à des produits d’assurances du même nom qui seraient lancés par une banque concurrente.

Rugby World

Le magazine Rugby World

Ensuite, le monde du rugby ne se limite pas à une institution, si utile soit-elle, il regroupe tout ce qui touche au sport : les fans, les joueurs, les clubs, les équipementiers, et tous les acteurs du sport….  Le nom nous paraît dès lors inapproprié : la fonction d’une fédération sportive n’est pas de s’approprier un sport, mais de le représenter et de le faire vivre. Or, en se nommant « World Rugby », la fédération ne fait rien d’autre que de s’approprier ce qui n’est pas elle.

A ce titre, World Rugby nous semble en revanche tout à fait légitime pour un magazine qui se donne pour ambition de traiter du rugby sous tous ses angles, et de manière internationale.

Enfin, rappelons que la fonction première du nom est de différencier, afin d’éviter la confusion entre plusieurs produits, services, sociétés…

Les fédérations sportives ne sont pas des services ou des produits, ni des sociétés comme les autres. Ce sont des institutions, et elles sont par définition uniques : il n’y a qu’une Fédération Française du Football, qu’une Fédération Internationale de Basketball… C’est pourquoi les noms purement descriptifs qui se transforment en acronymes sont parfaitement appropriés.

Ce n’est pas sans raison que les noms des fédérations sportives suivent donc tous un modèle de dénomination unique : Fédération Française  de Football, de Tennis, de Natation, d’Equitation, d’Escrime et ainsi de suite, y compris à l’international. Seules quelques-unes se nomment Union…, mais le modèle de dénomination reste identique.

On reste donc perplexe devant ce choix qui doit entrer en vigueur lors de la prochaine conférence mondiale de l’IRB à Londres, le 17 novembre.