Timbuktoo @CES 2016 : « Le futur en concentré »

L’innovation fait partie de l’ADN de Timbuktoo, depuis sa création.

La création de noms est par essence un métier proche de l’innovation. Sauf à renommer ce qui est ancien (une entreprise par exemple), on nomme avant tout ce qui est nouveau : une nouvelle entreprise, un nouveau produit, une nouveau service.

Mais cela ne suffit pas à expliquer que nous nous intéressons à l’innovation.

Timbuktoo fait également partie l’écosystème de la création d’entreprises, ayant bénéficié de subventions d’Oséo et de BPI France, de la région Île-de-France et de l’aide de l’incubateur Paris Pionnières pour financer et développer nos innovations technologiques dédiées à la création de nom.

Nous côtoyons de nombreuses start-ups et avons accompagné de nombreux entrepreneurs dans la création de leur nom, de leur identité visuelle ou encore dans l’évolution de leur marque à des fins d’internationalisation;

Pour toutes ces raisons, nous suivons les tendances, notamment dans le digital, et bien évidemment tout qui est présenté chaque année au CES (Consumer Electronic Show) à Las Vegas.

Cette année, le CES s’est tenu du 6 au 9 janvier. 3 600 entreprises y étaient présentes, dont 250 françaises. 170 000 visiteurs s’y sont rendus, ce qui en fait l’un des plus grands salons mondiaux.

Delphine Parlier, fondatrice et CEO de Timbuktoo, s’y est rendue et a présenté, lors d’une conférence organisée chez Kwerk le 15 mars dernier, une présentation sur le thème « CES 2016 : le futur en concentré ».
Cette présentation a été l’occasion pour Delphine Parlier de faire le point sur les innovations dans 3 domaines majeurs :

–       l’IoT / internet of things, qui touche de manière transverse tous les secteurs d’activités : la maison, la mode, le sport, la santé, la beauté, l’éducation, l’automobile et les transports… et se développe également sur certains types de clientèles et de besoins : les personnes âgées et les personnes en perte d’autonomie, les enfants, les animaux domestiques…

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–       la robotique et les drones, dont les produits et services se développent aussi bien en B2C qu’en B2C

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–       la VR ou Réalité Virtuelle, largement présente au CES : avec le stand Samsung qui présentait et permettait d’expérimenter son nouveau Samsung Gear. Ou encore sur le stand d’un de nos clients, Technicolor, qui présentait ses dernières innovations, notamment en matière de VR. Les 3 minutes de VR, assis à côté de Jack Black, au volant d’une voiture lancée à folle allure dans le film Goosebumps sont un moment dont on se souvient longtemps !

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Vous pourrez découvrir ci-joint la présentation donnée le 15 mars par Delphine Parlier. Ce document étant essentiellement visuel, si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à nous contacter pour une demande de présentation individuelle.

contact@timbuktoo-naming.com

Thingmaker, impression 3D et retour aux sources chez Mattel

Cet article a été écrit pour le magazine LSA. Retrouvez-le dans le n°2407 du 7 avril 2016.

Les imprimantes 3D débarquent dans nos maisons ! Mattel lance son imprimante à jouets à l’automne prochain aux USA, et dans la foulée en Europe. Son nom : Thingmaker.

Thingmaker est un nom qui parlera aux anglophones de plus de cinquante ans : c’était déjà le nom d’un jouet Mattel datant des années 60 qui permettait de mouler ses propres figurines. Ainsi, le fabricant touche les enfants d’aujourd’hui par son concept novateur ; mais avec ce nom nostalgique, il pourrait aussi séduire les enfants d’hier que sont leurs parents, du moins sur le marché US.


La publicité pour le tout premier Thingmaker, dans les années 60.

Certes, « Thingmaker » est un nom descriptif – littéralement « machine à fabriquer des choses » donc peu différenciant. Mais c’est parce que le concept-même du produit qu’il décrit correspond à une nouvelle catégorie de produits, encore inexplorée par la concurrence : les imprimantes 3D pour enfants. La problématique de la différenciation n’a même pas vraiment lieu d’être en réalité puisque l’objet est unique en son genre – pour le moment en tout cas. L’enjeu ici est plutôt d’imposer la marque par son statut de pionnier sur le marché. Du reste, le mot thing, « chose », par son caractère indéfini, ouvre sur des possibilités de création infinies et met l’imagination sans limite des enfants à l’honneur. Seul bémol de forme : le « th » anglais, dur à prononcer pour nous autres francophones.

En général, les noms très descriptifs rendent plus longue et coûteuse la construction d’une marque forte. Pour Thingmaker, gageons que la force du concept et l’absence temporaire de concurrence feront une grande partie de ce travail.

Le dépôt de la marque Thingmaker

Mattel avait déposé la marque THINGMAKER à l’USPTO (office de la propriété intellectuelle américain) en 1965 dans la classe 28, qui correspond aux jouets. Faute de l’avoir renouvelée, elle l’a perdu. Elle a depuis été redéposée en 2012 par un particulier dans la classe des jouets. En 2015, Mattel a enregistré la marque dans la classe 7 (imprimantes 3D), mais n’est pas titulaire de la marque dans la catégorie des jouets. On peut imaginer que des tractations sont en cours pour le rachat de la marque appartenant au particulier par Mattel, avec des coûts importants pour le fabricant.

 

Bravo pour la disparition !

Timbuktoo dit bravo à Googl pour son allusion du 7 mars à GP, qui naquit il y a 80 ans !
Googl got gigantic, but it’s good to know that art still is an important part of that company.

Plus d’infos sur GP, sur son roman La Disparition, par ici !

 

Carrefour Veggie, première MDD végétarienne

Cet article a été écrit pour le magazine LSA. Retrouvez-le dans le n°2405 du 24 mars 2016.

Carrefour a lancé en octobre dernier la première MDD de produits végétariens et végétaliens, Carrefour Veggie. Un nom qui répond à un double challenge.

En tant que première offre MDD végétarienne sur le marché, la marque devait d’abord se doter d’un nom descriptif, pour identifier clairement la nature de l’offre, sans avoir besoin de recourir à une baseline.

Pour autant, il fallait  également trouver le moyen d’échapper aux connotations négatives souvent associées à l’univers du végétarisme : le régime, la restriction, voire un certain sectarisme.

C’est le passage à la langue anglaise qui permet à Carrefour Veggie d’éviter cet écueil tout en ayant un nom explicatif de la proposition –produit.

En anglais, « veggie » est l’abréviation de « vegetarian ». C’est un mot qui dénote, de façon suggestive mais claire et immédiate, la dimension végétarienne de la gamme grâce à la racine d’attaque « veg- ».

Mais c’est aussi un mot qui permet de mettre en avant le goût, de proposer une vision moderne du bien-être qui concilie santé et plaisir, et ainsi capter un public large. Cette modernité passe d’abord par la consonance anglaise, par le dynamisme du double « g » central ; celui-ci confère une forte identité visuelle au nom, mais aussi une sonorité agréable et énergique (le son « dj ») qui invite à la dégustation et à la fête.

Certes, Carrefour Veggie n’est pas d’une grande créativité. Certes, Carrefour Veggie n’est pas la marque distinctive dont rêvent les juristes-marques.

Mais le nom est simple, le message facile à comprendre. Combiné avec un logo frais et sympathique, il donne l’idée d’une gamme de produits faciles, pour une cuisine moderne et de bon goût.

Ce qui est amusant, c’est qu’il ait fallu passer par la langue de Shakespeare pour opérer ce changement d’image. Le monde du naming et du branding n’a clairement pas les mêmes codes que celui de la cuisine et de la gastronomie.

Le choix du nom des nouvelles régions : un débat inutile

Les régions ont trouvé leurs Présidents, mais elles cherchent toujours leurs noms. Le sujet fait débat car il touche à des questions identitaires. Et si la solution était ailleurs ?

Le passage de 22 à 13 régions pose la question du nom à donner à ces nouvelles entités. Or, qu’il s’agisse d’imaginer le nom d’une entreprise, d’un produit, d’un événement, d’une pratique, d’un concept nouveaux – ou ici d’une « super-région » inédite – la démarche est la même. La recherche du nom le plus pertinent passe par une réflexion préalable sur l’identité réelle de ce qui est à nommer, sur le contexte dans lequel s’inscrit cette nouveauté et sur les objectifs qui lui sont fixés.

Qu’en est-il en l’espèce ? L’identité de ces nouvelles régions, moins nombreuses et géographiquement plus étendues que leurs devancières, est purement administrative. Le contexte dans lequel s’inscrivent ces treize nouvelles venues est celui d’une France déjà découpée, au fil d’une histoire de plusieurs siècles, en trois grandes entités territoriales : les communes, les départements et les régions. Et l’objectif, la « raison d’être » de la création de « super-régions » – dont il ne s’agit pas ici de discuter du bien-fondé – se résume à une volonté d’optimisation de la gestion de cet échelon du découpage.

Or, celles et ceux qui revendiquent une identité auvergnate, alsacienne, basque, bretonne ou « ch’ti » partagent la culture, les traditions, les fêtes, les valeurs, l’accent, les contes et légendes, ou encore les recettes de cuisine de leur région de cœur. Ils savent aussi, le cas échéant, exprimer en quoi ils se sentent français, européens, marseillais, parisiens, ou d’abord citoyens du monde. Mais il est inconcevable qu’un président de la super-région PACA se déclare demain ouvertement « pacaïen » ou que la super-région Champagne-Ardennes-Alsace-Lorraine – qu’Hervé Féron, député de Meurthe-et-Moselle, a ironiquement proposé de baptiser « Chamalo » (CHAM pour Champagne, A pour Alsace, LO pour Lorraine) – génère la moindre super-identité régionale commune chez ses ressortissants par la seule magie d’un nom soi-disant fédérateur qu’on lui attribuerait.

Un nom est la première expression d’une identité. Il ne peut ni la créer artificiellement, ni encore moins substituer une identité factice à une identité séculaire.

En l’occurrence, nommer les super-régions reviendrait à vouloir créer des identités nouvelles, qui n’existent pas, et qui viendraient s’opposer, voire se substituer à des identités fortement établies. C’est en cela que le bât blesse, que les débats sont vifs et les avis partagés.

En fait, ces débats et ces questionnements autour du nom des 13 super-régions sont sans objet. Pire même, ils sont générateurs de frustrations, de confusions, d’oppositions et de déceptions, quand il serait si simple de juste distinguer ces régions nouvelles les unes par rapport aux autres sur des critères purement géographiques. Ne pas nommer (au sens identitaire), mais distinguer (les unes des autres), selon une règle commune à toutes.

Cela donnerait, par exemple, le Grand Nord (Nord-Pas-de-Calais, Picardie), le Grand-Est (Champagne, Ardenne, Alsace, Lorraine), la Région Est (Bourgogne, Franche-Comté) et la région Centre-Alpes (Rhône-Alpes, Auvergne).

La région PACA (Provence-Alpes, Côte d’Azur) pourrait être renommée la région Sud-Est ou encore le Grand-Sud , aux côtés des régions Sud-Pyrénées (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon), et Sud-Ouest ou Atlantique (Poitou-Charentes, Aquitaine, Limousin).

Nous pourrions sur le même principe avoir une région Grand-Ouest (Bretagne), aux côtés de la région Nord-Ouest ou Normandie (Haute-Normandie et Basse-Normandie), les Pays de la Loire, l’Ile-de-France, le Centre et la Corse restant inchangés.

C’est une logique de nommage qui présente l’avantage d’être cohérente et de supprimer les débats stériles.

« A mal nommer les choses on ajoute à la misère du monde », disait Albert Camus.

Ces super-régions ayant été créées pour générer des économies de gestion, il y a sans doute mieux à faire que de perdre du temps, de l’argent et de l’énergie à leur chercher désespérément un nom identitaire, bien trop lourd à porter pour ce qu’elles représentent.

– Delphine Parlier
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